Ce fut une course qui s'inscrit dans la tradition des championnats du monde. Ainsi donc, ce rituel de début d'automne annonça t-il (à nouveau) le récital de l'armada italienne, qui, sur ses terres, a, tour à tour, remis en jeu, puis défendu, et enfin reconquis le précieux sésame multicolore. Et ceci avec la manière, en plaçant trois coureurs dans les quatre premiers (malheureux Rebellin une nouvelle fois). En somme, les barons de la pizza nous ont fait une belle razzia, avec en guise de conclusion, l'échappée belle du gladiateur Alessandro Ballan, porté par les hourras et les vivas du colisée Varésan entièrement voué à la cause de son nouveau "campionato" (mention spéciale au réalisateur qui s'occupe du son, de notre canapé, on a parfaitement su palper la chaude ambiance de Varèse...) Bref pendant que le reste du monde pestait, l'Italie exultait et Bettini paradait...une dernière fois, daignant partager les acclamations qui lui étaient destinées avec l'autre retraité du jour: Erik Zabel. Une fin de championnat du monde qui tourna donc au jubilé, au tour d'honneur, pour ces deux Gargantua du peloton qui sont donc, en ce 28 septembre 2008, rassasié du vélo... Mais les modestes et passionnés spectateurs que nous sommes ne serons jamais rassasié de grands champions tels ces deux monuments, qui ornent le village du cyclisme depuis plus de dix ans maintenant. L'on pourrait même affirmer qu'une page symbolique se tourne, les deux larrons détenant un palmarès en or massif. Ils ont effectivement le luxe de partager le record de victoires dans les classiques de coupe du monde, soit neuf chacun !! Toutefois, Erik a la possibilité d'améliorer son score lors de Paris - Tours, une course qui lui réussit lorsqu'il s'agit de départ... C'est donc en France, sur la classique des feuilles mortes qu'Ete fera ses derniers tours de pédales sur route, et forcement, tous ceux qui aiment Erik seront mélancoliques, et puisque c'est de circonstances, je me permet de citer Paul Verlaine :
Bon vent champion, prolonge encore un peu le rêve. La petite Reine perd un grand Roi.
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon c½ur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
feuille morte
Des violons
De l'automne
Blessent mon c½ur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
feuille morte
Bon vent champion, prolonge encore un peu le rêve. La petite Reine perd un grand Roi.

